
Au confluent de trois rivières, la Drouette, la Guesle et la Guéville, Épernon est nichée au cœur du bassin versant de la Drouette. Décryptage du rôle du Syndicat Mixte de la Drouette, de la Voise et de leurs Affluents (SMDVA), ainsi que d’actions mises en place par la ville, la communauté de communes et l’État – via la préfecture – depuis les inondations vécues fin 2024.
Une gestion cohérente sur plusieurs bassins versants par une structure compétente : les missions du SMDVA :
À l’échelle globale de son territoire d’action (30 communes), le syndicat assure différentes missions : gestion et restauration des rivières, préservation du patrimoine naturel en visant le bon état des masses d’eau fixé par la réglementation européenne (Directive Cadre sur l’Eau). La fameuse GEMAPI, Gestion des Milieux Aquatiques et la Prévention des Inondations, est une compétence confiée aux intercommunalités et donc à la communauté de communes des Portes Euréliennes.
Le côté GEMA (Gestion des Milieux Aquatiques) est confié au SMDVA qui :
- réalise des actions d’entretien et de restauration des cours d’eau lorsqu’elles sont reconnues d’intérêt général ;
- travaille à l’émergence de projets de restauration et de préservation des continuités écologiques, de zones humides… en réalisant des études spécifiques ;
- accompagne (conseils et recommandations) les propriétaires riverains et les propriétaires de moulins pour la gestion de leurs ouvrages hydrauliques et l’entretien de leurs berges ;
- réalise une veille régulière sur l’ensemble des cours d’eau et milieux humides associés.
Sur la partie prévention des inondations (le côté PI) les différents acteurs locaux et territoriaux travaillent de concert. La ville, la communauté de communes, l’État via la préfecture, le département et la région travaillent sur leurs différentes compétences pour anticiper les possibles crues, montées des eaux et limiter leurs impacts possibles.
Ainsi, la préfecture a mis en place une feuille de route stratégique visant à améliorer la gestion des risques d’inondation dans le département.
Dans ce dispositif, l’ensemble des acteurs est sollicité autour de 6 axes prioritaires :
- Alerte et gestion de crise : le but est d’améliorer les dispositifs d’alerte et de permettre une réaction rapide et efficace. Il est également question de lien avec les préfectures voisines (en particulier les Yvelines) afin d’améliorer les moyens de communication entre autorités et population.
Par exemple, lors de l’épisode neigeux de fin 2024, le dispositif FR-ALERT a envoyé une notification d’urgence sur l’ensemble des téléphones présents dans la zone. - Entretien des cours d’eau : il faut ici s’assurer du bon écoulement des eaux. Pour cela, il faut un bon entretien par leurs propriétaires, et des bonnes informations diffusées par exemple par le SMDVA.
- Gestion des ouvrages hydrauliques : les vannes, barrages et digues, régulant le niveau de l’eau et réduisant le risque d’inondation, doivent être gérés de façon optimale.
- Connaissance et surveillance de l’aléa : des outils de surveillance et de modélisation des risques doivent permettre d‘anticiper les phénomènes violents et d’adapter des mesures de prévention.
- Le ruissellement : il faut élaborer davantage de diagnostics sur ce phénomène, renforcer la réglementation en matière d’aménagement afin de réduire les impacts de celui-ci.
- La prévention : l’intégration du risque d’inondation doit être élargi dans les documents d’urbanisme et des solutions adaptées doivent être développées pour limiter la vulnérabilité des infrastructures et des habitations.
Cette feuille de route et ces objectifs sont suivis par la préfecture, sous la directive du préfet Hervé Jonathan avec des réunions regroupant les différentes collectivités et syndicats, plusieurs fois par an.
L’objectif est de garantir une résilience accrue face aux risques d’inondation et de limiter au maximum les impacts humains et matériels dans les années à venir.
Curer ou ne pas curer ?
Un exemple d’évolution des pratiques …
Le curage a pour effet de remuer le fond du lit des cours d’eau, de modifier l’état plus ou moins aggloméré des sédiments et de dégrader des habitats nécessaires à la survie de nombreuses espèces aquatiques. Il se traduit alors par un lit mineur incisé qui fragilise considérablement les berges et qui peut accélérer les écoulements en cas de crue, et par conséquent augmenter le risque inondation. Le recours au curage doit donc être mesuré et limité. Cette pratique est d’ailleurs soumise à une autorisation réglementaire pouvant être délivrée par les services de l’État en charge de la police de l’eau.
Prévention en action

La communauté de communes a mis en place depuis ce mois de juin un dispositif d’aide à l’achat et à l’installation de batardeaux pour les propriétaires privés. L’aide concernera également l’équipement en boudins et sacs anti-inondation. Ce dispositif intervient dans le cadre de sa politique en faveur de la lutte contre les conséquences dues à des excès d’eau de ruissellement lors d’épisodes climatiques de forte pluviosité.
Jusqu’au 31 décembre 2025, vous pouvez ainsi bénéficier d’une aide correspondant à 50 % du projet global pour un montant maximum d’aide de 500 € par projet bénéficiaire et sans condition de ressources du propriétaire. Les frais d’installation peuvent être inclus dans l’aide demandée.
Retrouvez les détails de ce dispositif sur le site www.porteseureliennesidf.fr

