

Pouvez-vous vous présenter ?
Loïc Bour, libraire, passionné d’histoire, de patrimoine et de littérature. Je suis né à Charleville-Mézières, dans la cité de Rimbaud : un cadre idéal pour se passionner très tôt pour les livres. Je suis arrivé à Épernon en 2019, à la suite d’un véritable coup de cœur, après avoir découvert la ville lors de la Saint-Fiacre. Cette année-là, l’AME organisait une reconstitution d’une bataille entre Gaulois et Romains. En me promenant dans les rues, puis en montant au belvédère de la Diane, j’ai tout de suite su que c’était ici que je voulais vivre.
Avec David, mon mari, nous cherchions à nous installer près de Paris, pour des raisons professionnelles – comme beaucoup d’habitants d’Épernon, je crois ! Un mois plus tard, nous emménagions.
Nous nous sommes très rapidement intéressés à l’histoire du territoire. Nous avons découvert les ouvrages de Jean-Paul Duc, puis, en rejoignant l’association Épernon Patrimoine et Alentours, nous avons commencé à proposer des visites guidées de la ville. La suite de l’histoire, vous la connaissez…
Vous parlez de coup de foudre pour Épernon : qu’est-ce qui fait, pour vous, l’identité de la ville ?
À mes yeux, l’âme d’Épernon réside dans son histoire, perceptible à chaque coin de rue. En parcourant la ville, je ressens ce lien constant entre le passé et le présent, un héritage qui continue de structurer notre cadre de vie. Les habitants y sont profondément attachés : ce patrimoine fait pleinement partie de leur identité.
Pendant la campagne, certains m’ont confié, avec une méfiance bienveillante : « Vous n’êtes pas d’ici… On vous apprécie, mais comment gagner notre confiance ? ». Et pourtant, ils me l’ont accordée. Je crois que c’est ce socle commun, cette attention partagée pour notre environnement, qui a permis de créer ce lien.
De plus, les habitants d’Épernon sont chaleureux, ouverts et tellement accueillants. C’est, à mon sens, une véritable force pour la commune.
Enfin, la ville s’inscrit dans un environnement naturel remarquable. Où que l’on se trouve, la présence d’espaces verts participe pleinement à la qualité de vie.
Comment s’est construite votre équipe ?
Elle s’est construite progressivement, au fil des échanges, des rencontres et des liens créés dans la ville. Au départ, certains n’avaient jamais envisagé de rejoindre une liste un jour. Puis, à mesure que les choses ont avancé, chacun s’est senti concerné, avec l’envie de s’engager et d’agir. Ils font désormais partie d’une équipe qui est avant tout celle des habitants, à leur service et à leur image.
C’est d’ailleurs un point auquel je tenais particulièrement et dont je suis fier aujourd’hui : les élus reflètent Épernon. Ils représentent tous les quartiers, toutes les générations, ainsi que la diversité des parcours et des milieux socio-professionnels.
Comment voyez-vous le rôle de maire ?
Pour moi, le rôle de maire ne consiste pas à être expert en tout, mais à savoir bien s’entourer. J’aime utiliser la métaphore du chef d’orchestre : ce n’est pas lui qui joue chaque instrument, mais celui qui permet aux musiciens de donner le meilleur d’eux-mêmes, dans une véritable harmonie. Il en va de même, selon moi, pour un maire.
Par ailleurs, comme je l’ai annoncé, je serai un maire à 100 %. J’ai fait le choix d’arrêter mon activité professionnelle afin de me consacrer pleinement à l’action municipale. C’est à ce niveau que l’on agit concrètement sur le quotidien des habitants et que l’on obtient des résultats visibles et tangibles.
Cela signifie que je ne serai pas candidat à d’autres élections, qu’elles soient départementales, régionales ou nationales. En revanche, je compte pleinement prendre la place que doit occuper Épernon au sein de la communauté de communes des Portes Euréliennes d’Île-de-France, car c’est un enjeu essentiel pour l’avenir de la ville.
Comment avez-vous vécu ces premiers jours en tant que maire ?
D’abord, une certaine appréhension à l’idée de découvrir « le métier », n’ayant jamais exercé de mandat électoral auparavant. Il s’agit néanmoins d’une expérience à la fois passionnante et exigeante. Être élu est un honneur, d’autant plus avec un résultat de 64 %. Les nombreux messages reçus, très touchants, viennent renforcer cette responsabilité. Cela nous engage pleinement, individuellement et collectivement.
Nous mesurons pleinement l’ampleur de la tâche. J’espère qu’au terme de ces six années, nous aurons la satisfaction d’avoir fait évoluer les choses et d’avoir apporté des réponses concrètes à des problématiques importantes pour notre territoire.
Quelles sont vos grandes priorités ?
Nous nous appuierons sur les actions et services existants, sans tout remettre en cause, mais en étudiant d’abord leur fonctionnement pour déployer notre programme et nos objectifs de manière cohérente et efficace.
- Assainir les finances : une condition indispensable. Sans cela, il sera impossible de construire et de faire évoluer la commune dans les six prochaines années.
- Transparence et communication : assurer un suivi régulier de nos actions pour informer les habitants et leur permettre de s’impliquer pleinement.
- Rouvrir rapidement la rue Drouet, dont l’état actuel freine le dynamisme du centre-ville.
- Redynamiser le centre-ville grâce à des animations et des événements réguliers.
- Sauvegarder la maison à pans de bois : un projet de long terme, indispensable pour notre patrimoine.
- Nous avons déjà annoncé l’abandon du projet de parking des ruelles. Un projet participatif est lancé pour décider ensemble de l’avenir de cet espace.
- Enfin, il est essentiel de renforcer le lien entre les habitants et leurs élus. La démocratie repose avant tout sur cette relation de confiance. Mon objectif est de favoriser une citoyenneté plus active, où chacun peut s’exprimer sur les sujets qui concernent son quotidien. Cela permettra également aux Sparnoniennes et aux Sparnoniens de mieux comprendre les décisions municipales, ainsi que leurs enjeux et leurs contraintes, qu’elles soient budgétaires ou organisationnelles.

