Au fil du temps

Les Pressoirs
Dès le début du II ème siècle, Hugues Capet fit élever les châteaux forts de Maules, Neauphle-le-Château, Epernon et Montfort. Ils constituaient une ligne de défense du domaine royal contre les Ducs de Normandie, autrement dit contre les rois d’Angleterre.

Aussitôt, des villes se formèrent aux pieds des châteaux-forts récemment construits, c’est ainsi qu’Epernon fut bâti en amphithéâtre sur les pentes de cet éperon naturel que constitue la colline de la Diane.

La nouvelle ville s’étendit jusqu’aux bords de la rivière du Tahu nommé aujourd’hui la Guesle. Le seigneur Amaury de Montfort, fils de Guillaume de Hainault fit entourer Epernon de murs et de fossés. Quatre portes donnaient accès à la ville, la porte de Chartres, la porte de Geolle, dite aussi porte Normanne ou Normande, entrée principale de la cité, la porte de Paris et la porte de Beauce. On lisait sur l’une de ces portes, cette inscription qui indique l’existence antérieure d’un village :

"Autrist fut jadis mon nom 

A présent on me nomme Espierremont"

Epernon fut de tous les temps, un très grand centre carrier. Dès le néolithique, les roches devaient servir aux contreforts de l’éperon barré au lieu dit la Diane, puis toujours pour le grès, ces roches servirent aux constructions des maisons mais aussi en 1098 du lieu dit Les Pressoirs, salle voûtée construite par les dames de Haute Bruyère (dépendance de Fontevrault). De 1685 jusqu’en 1689 les exploitations ont contribué à la construction de l’aqueduc de Maintenon. La pierre extraite pour les constructions est un grès particulièrement dur. Les exploitations de grès sommeillèrent sans pour autant s’arrêter et ce jusqu’à la construction de la ligne de chemin de fer dès 1843 puis avec l’ouverture de la ligne de chemin de fer, rendant possible l’envoi de pierres et de pavés vers la région parisienne. Les travaux haussmanniens furent de très grands consommateurs de pavés d’Epernon. On dénombra ainsi jusqu’à 31 carriers exploitant les bancs de grès, ceux-ci employant certainement plus de 500 ouvriers. Les carrières de pavés disparurent avec la crise économique de 1929, mais les reliquats furent commercialisés jusqu’en 1940.